Cet espace recueille les témoignages, doléances et revendications des personnels de l'Université de Poitiers
Chaque personne peut inclure son texte dans l'espace "COMMENTAIRE".
Elle doit signer son texte NOM Prénom, éventuellement statut, composante et elle devra préciser si elle souhaite publier son texte en son nom (NOM Prénom, statut, composante) ou anonymement (au nom du collectif éditorial du Cahier Noir de l'Université, CNU...)
Une synthèse sera réalisée par le collectif éditorial mandaté par le comité de mobilisation des personnels mobilisés.
Chaque contribution est soumise à modération avant publication afin d'éviter la publication immédiate et sans filtre des expressions de fieffés cornichons, voire hors sujets..
Fonctionnement acté par le comité de mobilisation du 10/3/2025.
Le recours aux cours en distanciel doit être exceptionnel et demeure strictement encadré (conformément aux décisions des instances délibératives et représentatives : conseils de composante, CFVU, CAC...) et ne peut en aucun cas être utilisé en cas de fermeture des établissements, blocage ou grève. On pourra reprendre les arguments ici : https://academia.hypotheses.org/44954
RépondreSupprimerJe suis Arnaud François-Mansuy, professeur au département de philosophie. Merci, camarades, de cette initiative. 1) Sur le plan des moyens financiers, la baisse des postes d'enseignants-chercheurs est scandaleuse, mais la baisse des postes de personnels BIATSS l'est aussi : j'y vois la source principale (avec le contrôle) de l'inflation administrative dont nous nous plaignons tou.te.s ; et la "politique des postes" de l'actuelle présidence, qui a ouvert l'écluse entre les différents types de postes, nous met face à des dilemmes impossibles. 2) Le fait que l'augmentation des effectifs étudiants dans une filière ne puisse plus faire argument pour y demander des postes supplémentaires, est une véritable rupture morale du contrat de service public (là encore, la présidence actuelle habille cela du beau mot d' "université de plein exercice", enseignement et recherche, en clair, si vous voulez de l'argent pour la recherche, alors renoncez à faire des cours). 3) Moins importante que la reconnaissance financière, la reconnaissance symbolique : peu de monde, parmi les enseignants-chercheurs, se sent considéré à l'UP pour ce qu'il est, c'est-à-dire un.e scientifique reconnu.e en son domaine par ses pairs hors-UP et à l'international ; les instances s'adressent à nous comme à des salarié.e.s, à qui l'on prescrit telle ou telle tâche (référent.e ceci ou cela), ce qui n'est pas infamant en soi, mais, encore une fois, marque une rupture profonde avec le principe du service public : ce n'est pas aux instances de l'UP que nous rendons un service rémunéré, c'est aux étudiant.e.s et à la communauté scientifique. C'est toute la différence entre "salaire" (on est payé par celui à qui on rend le service) et "traitement" (on est payé par un tiers pour rendre un service : autrefois l'Etat, maintenant, hélas, les universités "autonomes").
RépondreSupprimerJe suis Frédéric Guégan, maître de conférences en chimie théorique (UFR SFA) depuis 2018, et j'aimerais ici témoigner d'un signe visible du désengagement financier de l'état. J'enseigne régulièrement au bâtiment B7, dont l'état est tout à fait indigne. La liste est longue :
RépondreSupprimer- traces d'humidités dans de nombreuses salles, avec notamment des infiltrations depuis les plafonds ;
- sièges, tables dégradées voire par endroit inutilisables du fait de leur vétusté ;
- l'entrée a présenté pendant plusieurs années un trou, faisant que l'intérieur était à la même température que l'extérieur, hiver comme été. En 2023 un chantier d'ampleur a été entrepris : le trou a été comblé par... du carton et du scotch. En 2024, travaux de plus grande ampleur encore : de la mousse polyuréthane !
- l'amphithéâtre A n'est pas en reste : récemment, un cadre de fenêtre complètement vermoulu a cédé et la fenêtre associée s'est décrochée. A nouveau, des travaux de grande ampleur ont vu le jour : pour éviter que la fenêtre ne tombe dans l'amphithéâtre, elle a été remplacée... Non, bien sûr que non. Deux planches ont été clouées en travers pour lui éviter de basculer, et le jour a été comblé par du scotch !
Nos étudiant.e.s ont à ce sujet lancé une pétition pour demander à la présidence une intervention rapide afin de restaurer des conditions dignes d'enseignement (https://drive.google.com/file/d/1iNJB5E5N3wcVq_TDeE4tZZHjYKWCBR3Z/view?usp=sharing). Je soutiens la démarche mais je crains qu'elle n'ait pas choisi la bonne cible : la pénurie est organisée par le ministère...
Je souhaite raconter une petite histoire sur les directeurs d'IUT :
RépondreSupprimer- il fut voté en AG annuelle 2023 de l'ADIUT (Assemblée des Directeurs d'IUT) de faire l'AG 2024 à Nouméa. L'information a fait l'objet d'un article (Canard enchainé n° 5370 : https://www.lecanardenchaine.fr/environnement/6403-une-ag-sous-les-cocotiers), avec des réserves inhérentes (Écologie, coût financier, utilité,...).
- Deux semaine plus tard (Canard enchainé n° 5372 : https://www.lecanardenchaine.fr/education/6289-ag-sous-les-cocotiers-suite-et-fin) : réponse et annulation de l'AG physique.
- Mais surprise et rebondissement, cette AG, transformée en symposium, a permis à certains directeurs et directrices de faire ce voyage en catimini en Mai 2024 (Canard enchainé n° 5403 : https://www.lecanardenchaine.fr/politique/27-nouvelle-caledonie-le-congres-sous-les-cocotiers-sent-le-brule). Le directeur de l'IUT de Poitiers faisait parti de cette délégation resserrée ! Malheureusement, au même moment que ce symposium se soulevait le peuple Kanak, ce que le directeur de l'IUT de Poitiers a appelé a posteriori des "événements" [sic].
Par conséquent, les directeurs présents se sont retrouvés bloqués et sont restés environ deux semaines sur place au lieu des quatre jours prévus pour le symposium, avant d'être rapatriés.
En dehors du bilan carbone et de l'utilité objective du symposium se pose la question du coût d'un tel voyage en argent public (et du surcoût lié à ces imprévus). Le directeur de l'IUT de Poitiers a indiqué que ce voyage avec été financé "en partie" par l'ADIUT (que les IUT subventionnent annuellement...) mais n'a pas été capable de donner une proportion, même grossière de cette "partie".
Pour traduire ces éléments de langage, l'argent a été pris "en partie" sur les fonds propres de l'IUT. En ces temps de difficulté financière, où il est de plus en plus difficile de renouveler le matériel pédagogique à l'IUT (et dans tout le service public de l'enseignement supérieur...), ce périple était il essentiel ? Je laisse chaque lectrice ou lecteur de ces cahier faire se faire sa propre opinion.
Bonjour, je suis Gilles Frapper, maître de conférences de chimie théorique depuis 1997 à l'UFR SFA de l'Université de Poitiers, chercheur à l'IC2MP UMR 7285 Université de Poitiers, CNRS. J'ai illustré en AG des personnels le désengagement de l'Etat par l'évocation d'une injonction de l'équipe décanale SFA à l'automne 2024 de supprimer l'UE de Chimie Quantique de la L3 Physique&Chimie, UE dont je suis responsable. Le motif ? Cette UE n'était pas mutalisée... Or, cette filière L3 PC, qui aborde les programmes aux concours CAPES/AGREG, comprend peu d'étudiant.es, reflet de l'attrait des métiers de l'enseignement, et plus largement pour les Sciences dites "dures" (StandUp for Sciences, disons-nous !)). Il leur ait donc inconcevable d'engager des moyens pour "si peu" d'étudiants (double peine, n'est-il pas !)... Gestion de la misère, sur le dos des étudiant.es qui n'auront pas cet enseignement à la rentrée 2025, sauf si... On ne lâche rien et on défendra la cohérence pédagogique accréditée...
RépondreSupprimerElle est si loin la notion de Service Public face à la gestion contrainte des coupes budgétaires... Cette UE était la seule "non mutualisée", vous savez ces enseignements communs à plusieurs filières dont l'unique motif est la réduction des coûts ; la pédagogie, l'adéquation des programmes, ma bonne Mère, elles passent au second plan face au rouleau compresseur budgétaire... Aussi, cette UE (50 h) a été remplacée en cours d'accréditation par une autre UE de chimie mutualisée, celle-ci. Et ceci sans que mes deux collègues responsables de L3 PC et du parcours Chimie me tiennent informés ; sans qu'ils demandent un avis éclairé à l'équipe pédagogique de L3 Physique&Chimie (et aux collègues Physiciens, à l'occasion...). J'ai appris la nouvelle au détour d'un couloir ... Quel mépris, quelle pratique détestable ! Cette politique relève-t-elle de la "maltraitance institutionnelle". Je l'affirme. Où est l'esprit de collégialité universitaire ? La consultation des pairs, les échanges nourris, factuels, posés, confrontés, sur la base des programmes aux concours CAPES&AGREG (CPGE) ? Les missions de Service Public pour ce Public du bassin poitevin et d'ailleurs ? Puis, point mineur pour ces gestionnaires forcenés, le respect de la cohérence pédagogique d'un programme accrédité qu'on bafoue pour quelques heures "économisées". Hormis les membres de l'équipe "Chimie Théoriques", qui sont les personnes lésées ? Les étudiant.es, voyons ! Toujours les étudiant.es, méprisés, maltraités (imaginerait-on en CPGE ou Ecoles d'Ingénieurs pareille politique ?). Ces étudiant.es s'inscrivent en L1 à Potiers pour un programme L1-L2-L3 annoncé, accrédité. Et là, pif paf, UE Chimie Quantique disparue. Misère de l'Université Potemkine... Ah, faut être solide ! Aussi, quand on lit une prose "tout va très bien, Madame la Marquise", aucune fermeture de formation, aucune suppression de postes, nous avons toutes et tous que cette politique de la gestion de la misère conduit à de telles actes, qui mis bout-à-bout, dégradent la qualité de l'enseignement universitaire. A vous lire.